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         <titleStmt>
            <title xml:id="ArlValBan">Arlequin valet de banquier</title>
            <author>
               <surname>Anonyme</surname>
            </author>
            <principal>
               <persName>Rubellin, Françoise</persName>
            </principal>
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               <resp>Transcription (mémoire de )</resp>
               <persName>Laloi, Marion</persName>
            </respStmt>
            <respStmt>
               <resp>Édition TEI</resp>
               <persName>Duval, Isabelle</persName>
            </respStmt>
         </titleStmt>
         <publicationStmt>
            <publisher>Cethefi</publisher>
            <pubPlace>Nantes, France</pubPlace>
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               <addrLine>http://cethefi.org/</addrLine>
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            <date when="2019">2019</date>
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               <licence target="https://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/4.0/"> Distribué sous
                  la licence Creative Commons License - Attribution-NonCommercial-ShareAlike 4.0
                  International. Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Partage dans les
                  Mêmes Conditions (CC BY-NC-SA). Cette licence permet de remixer, arranger, et
                  adapter cette édition à des fins non commerciales tant que les auteurs du texte et
                  de la présente édition numérique sont crédités, et que les nouvelles œuvres sont
                  diffusées selon les mêmes conditions.</licence>
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               <msIdentifier>
                  <settlement>Paris</settlement>
                  <repository>Bibliothèque Nationale de France</repository>
                  <idno>ms. fr. 9310</idno>
               </msIdentifier>
               <head>Arlequin valet de banquier<lb/>Comédie en prose, en trois actes<lb/> Avec un prologue<lb/>Par M.xxxx</head>
               <msContents>
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                     <locus>Folios 216-227</locus>
                     <author>Anonyme</author>
                     <title>Arlequin valet de banquier</title>
                  </msItem>
               </msContents>
               <physDesc>
                  <objectDesc form="codex">
                     <supportDesc/>
                     <layoutDesc>
                        <p>Aligné à gauche pour les répliques en prose.</p>
						<p>Les didascalies sont centrées.</p>
						<p>Les vers de vaudevilles ont un retrait en fonction du nombre de syllabes métriques qu'ils comportent.</p>
                        <p>La numérotation en TEI des pages se fait suivant la numérotation présente dans le coin haut droit de la page du manuscrit. 
                           Nous ne mentionnons pas la pagination originale (souvent rayée dans le manuscrit), mais celle du portefeuille dans lequel 
                           sont regroupées plusieurs pièces.</p>
                        <p>Le texte étant présent recto-verso la numérotation se fait de la façon suivant : 1, 1v, 2, 2v, etc. "v" correspondant à verso.</p>
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                  <handDesc>
                     <p>Ecrit à la main, par le même scripteur.</p>
                  </handDesc>
               </physDesc>
               <history>
                  <origin>
                     <p>Ecrit en <origPlace>France</origPlace> au <origDate>18eme
                        siecle</origDate>.</p>
                  </origin>
                  <provenance>
                     <p>Cette pièce a été transcrite à partir du microfilm reproduisant le manuscrit original détenu à la BnF. Microfilm acheté pour l'équipe Cethefi de Nantes, par la Bibliothèque Universitaire de Nantes.</p>
                  </provenance>
               </history>
            </msDesc>
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      </fileDesc>
      <encodingDesc>
         <projectDesc>
            <p>La transcription et l'édition critique ont été réalisées dans le cadre d'un mémoire de recherche en littérature française. 
			La présente édition TEI est réalisée dans le cadre du programme ANR CIRESFI (2014-2019), mené par le Cethefi, Université de Nantes.
			Sa dernière mise à jour date d'août 2019.</p>
         </projectDesc>
         <editorialDecl>
	<correction status="high" method="silent">
		<p>L'établissement de la présente édition provient d'un travail 
		de recherche universitaire, relu et corrigé par l'enseignant en charge du
		suivi de ce travail de recherche.</p>
	</correction>
	<normalization method="silent">
		<p>L’orthographe a été modernisée.</p>
		<p>Des éléments manquants ont été rajoutés entre crochets.</p>
		<p>Les abréviations ont été développées et unifiées.</p>
		<p>Dans les vaudevilles se terminant par "etc." nous avons complété les paroles entre crochets lorsque la suite nous était connue.</p>
	</normalization>
	<punctuation marks="some">
		<p>La ponctuation a été modernisée ou ajoutée lorsque cela était nécessaire à la compréhension du texte.</p>
	</punctuation>
	<hyphenation eol="some">
		<p>Les retours de ligne sont notés avec l’élémént lb. Ils ne 
		concernent que les effet de mise en page précis, comme la page de 
		titre, ou éventuellement dans le texte, mais ne suivent pas les 
		retours à la ligne liés au format du manuscrit ou à l'écriture
		du scripteur.</p>
	</hyphenation>
</editorialDecl>
         <metDecl>
            <p>Chaque air dispose d'un identifant correspondant à son équivalent dans la base de données exploitée par le site Theaville.</p>
            <p>Le nombre de syllabes métriques des vers chantés ou déclamés est spécifié.</p>
         </metDecl>
         <fsdDecl>
            <fsDecl type="caracterisationPersonnages">
               <fDecl name="age">
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                     <vAlt>
                        <symbol value="young" xml:id="AGY"/>
                        <symbol value="old" xml:id="AGO"/>
                        <symbol value="child" xml:id="AGC"/>
                        <symbol value="adult" xml:id="AGA"/>
                        <symbol value="unknown" xml:id="AGU"/>
                     </vAlt>
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               </fDecl>
               <fDecl name="sex">
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                        <symbol value="undetermined" xml:id="SU"/>
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               <fDecl name="ontological_category">
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						<symbol value="animal" xml:id="OCA"/>
                     </vAlt>
                  </vRange>
               </fDecl>
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                  <vRange>
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            </fsDecl>
         </fsdDecl>
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         <creation>
            <date/>
            <rs type="city">Paris, France</rs>
         </creation>
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            <language ident="fr">Français</language>
         </langUsage>
         <textClass>
            <keywords>
               <term>Comédie-Italienne</term>
               <term>Acteurs</term>
            </keywords>
         </textClass>
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            <docTitle>
               <titlePart type="main"> Arlequin valet de banquier<lb/></titlePart>
               <titlePart type="desc"> Comédie en prose, en trois actes<lb/> Avec un prologue<lb/>
                  Par M.xxxx<lb/></titlePart>
               <titlePart type="desc">peut s’arranger aisément pour être jouée en société. Il est
                  inutile que Léandre soit banquier;  on peut l’intituler Arlequin astrologue on peut
                  changer le dénouement par un repentir subit de Léandre)<note place="bottom">Cette mention est de la main de Paulmy dit Françoise Rubellin.</note></titlePart>
            </docTitle>
         </titlePage>
         <performance>
            <p>
               <rs type="place">Comédie Italienne, Paris</rs>
            </p>
         </performance>
      </front>
      <group>
         <text>
            <front>
               <castList>
                  <head>Acteurs du prologue</head>
                  <castItem ana="#SM #AGA #OCNH">
                     <role xml:id="Ombre">L’Ombre de Dominique<note place="bottom">Dominique
                           Biancolelli (1640-1688) est un acteur célèbre, connu et reconnu pour son
                           talent d’acteur, de la Comédie-Italienne, dans laquelle il a joué de 1661
                           à 1688. </note></role>
                     <actor>Thomazo Anthonio Vinsentini (dit Thomassin)</actor>
                  </castItem>
                  <castItem ana="#SM #AGA #OCH">
                     <role xml:id="Arlequin">[Arlequin]</role>
                     <actor>Thomazo Anthonio Vinsentini (dit Thomassin)</actor>
                  </castItem>
                  <castItem ana="#SF #AGA #OCH">
                     <role xml:id="Isabelle">Isabelle</role>
                  </castItem>
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                     <role xml:id="Scaramouche">Scaramouche</role>
                     <actor>Jacomo Rauzini, de Naples.</actor>
                  </castItem>
                  <castItem ana="#SM #AGA #OCH">
                     <role xml:id="Pierrot">Pierrot</role>
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               </castList>
			   <set><p></p></set>
            </front>
            <body>
               <head>Prologue</head>
               <div type="scene" n="01" xml:id="P01">
                  <head>Scène I <listPerson type="configuration" xml:id="confP01">
                        <person corresp="Isabelle"/>
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                        <person corresp="Mezzetin"/>
                     </listPerson>
                  </head>
                  <stage>Isabelle, Pierrot, Scaramouche, Mezzetin</stage>

                  <sp who="#Mezzetin" xml:id="P01-01">
                     <speaker>Mezzetin</speaker>
                     <p>Eh bien ! Quand veut-on donc, commencer la comédie ? Le parterre
                        s’ennuie !</p>

                  </sp>
                  <sp who="#Scaramouche" xml:id="P01-02">
                     <speaker>Scaramouche</speaker>
                     <p>Oh ! Vous êtes bien pressé. Attendez que les sifflets soient, d’accord.
                        N’entendez-vous pas, qu’ils préludent. Nous ne pouvons honnêtement commencer
                        la pièce sans eux.</p>

                  </sp>
                  <sp who="#Isabelle" xml:id="P01-03">
                     <speaker>Isabelle</speaker>
                     <p>Oh ! Pour moi, les sifflets me coupent la parole et soit, par discrétion de
                        ne vouloir les interrompre, soit par admiration pour leurs symphonies, je ne
                        puis m’énoncer<note place="bottom">énoncer : « exprimer ce qu'on a dans la
                           pensée » (Académie, 1694)</note> quand je les entends.</p>

                  </sp>
                  <sp who="#Pierrot" xml:id="P01-04">
                     <speaker>Pierrot</speaker>
                     <p>Oh ! Vous voilà tous bien embarrassés pour peu de chose. Je vois bien qu’il
                        faut que Pierrot s’en mêle. Il faut commencer la comédie avant que les
                        sifflets soient d’accord ; c’est toujours autant de pris sur l’ennemi.
                        Tenez, voyez-vous, le parterre est un animal fringant et difficile à mener :
                        il faut qu’il siffle ou qu’il batte des mains. Ainsi mon meilleur avis est
                        de ne lui laisser jamais le râtelier<note place="bottom">Râtelier : « dans
                           une écurie, le râtelier est composé de deux longues pièces de bois qui
                           sont suspendues ou attachées au-dessus de la mangeoire, et traversées par
                           plusieurs petits barreaux d'espace en espace, en forme d'une échelle
                           couchée, pour y mettre le foin et la paille qu'on donne à manger aux
                           chevaux, aux bœufs » (Académie, 1762). </note> vide et de lui donner tous
                        les jours de quoi paître quand ce ne serait que de la paille.</p>

                  </sp>
                  <sp who="#Mezzetin" xml:id="P01-05">
                     <speaker>Mezzetin</speaker>
                     <p>Il a raison. Vite, commençons.</p>

                  </sp>
                  <sp who="#Scaramouche" xml:id="P01-06">
                     <speaker>Scaramouche</speaker>
                     <p>Comment voulez-vous commencer. Léandre, qui doit ouvrir la scène, n’a pas
                        encore fait poudrer sa perruque et Colombine n’a pas encore placé son rouge
                        et ses mouches.</p>

                  </sp>
                  <sp who="#Pierrot" xml:id="P01-07">
                     <speaker>Pierrot</speaker>
                     <p>Il n’y a qu’a porter bien vite la perruque de Léandre chez le boulanger et
                        le visage de Colombine chez le barbouilleux. Mais qui vois-je ? Au secours !
                        Je suis perdu !</p>
                  </sp>
               </div>

               <div type="scene" n="02" xml:id="P02">
                  <head>
                     <listPerson type="configuration" xml:id="confP02">
                        <person corresp="Isabelle"/>
                        <person corresp="Pierrot"/>
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                     </listPerson>
                  </head>
                  <stage>Les précédents, l’Ombre de Dominique, en deuil.</stage>

                  <sp who="#Isabelle #Pierrot #Scaramouche #Mezzetin #Ombre #Arlequin" xml:id="P02-01">
                     <speaker>Tous</speaker>
                     <p>Oh, ciel !</p>

                  </sp>
                  <sp who="#Arlequin" xml:id="P02-02">
                     <speaker> Arlequin</speaker>
                     <p>Ne craignez rien. Rassurez-vous.</p>

                  </sp>
                  <sp who="#Pierrot" xml:id="P02-03">
                     <speaker>Pierrot</speaker>
                     <p>Oh. Monsieur le mort, revivez-vous ? J’ai des culottes toutes neuves.</p>

                  </sp>
                  <sp who="#Arlequin" xml:id="P02-04">
                     <speaker>Arlequin</speaker>
                     <p>Quoi, vous ne me connaissez pas ?</p>

                  </sp>
                  <sp who="#Scaramouche" xml:id="P02-05">
                     <speaker>Scaramouche</speaker>
                     <p>Oh ! j’entends, oui, non, si fait. C’est l’Ombre de Dominique. C’est bien
                        vous mon cher maître ? N’est-ce point un songe ?</p>

                  </sp>
                  <sp who="#Isabelle #Pierrot #Scaramouche #Mezzetin #Ombre" xml:id="P02-06">
                     <speaker>Les autres</speaker>
                     <p>Quoi c’est vous, Monsieur Dominique ?</p>

                  </sp>
                  <sp who="#Arlequin" xml:id="P02-07">
                     <speaker>Arlequin</speaker>
                     <p>Ce n’est ni le vent du nord, ni du Ponant, ni du Levant. Ce pourrait être
                        celui du midi, car je n’ai ni bu ni mangé d’aujourd’hui, quoique j’aie fait
                        plus de dix mille lieues ; mais c’est le vent de vos sottises et de vos
                        impertinences, qui m’amène ici. Comment, petits embryons ? Vous vous avisez
                        de jouer des pièces italiennes sans ma permission ? Petits danseurs de
                        corde, petits mirmidons<note place="bottom">Mirmidon : « familier :un homme
                           qui s'oublie et qui veut disputer quelque chose à des gens fort au-dessus
                           de lui. » (Académie, 1762).</note> ! Vous avez la hardiesse de chausser
                        le costume arliquinique sans m’en faire part ! Et encore vous avez la
                        témérité d’afficher que vous allez jouer les banquiers. C’est bien de la
                        viande pour vos oisons ; mais, dites-moi un peu, que direz-vous contre de
                        tels gens ? Direz-vous qu’ils n’ont pas de bonne foi ? Vous en aurez le
                        démenti à votre nez ; tout Lyon<note place="bottom">Après la fermeture de la
                           Comédie-Italienne par Louis XIV en 1697 et avant sa réouverture en 1716,
                           la troupe italien est devenue une troupe errante et a joué des pièces en
                           province, notamment à Lyon.</note> vous contredira. Direz-vous qu’ils
                        laissent à leurs commis le soin de leurs femmes comme celui de leur coiffe,
                        tout le monde vous dira qu’ils sont à la mode, que direz-vous, voyons un
                        peu !</p>

                  </sp>
                  <sp who="#Mezzetin" xml:id="P02-08">
                     <speaker>Mezzetin</speaker>
                     <p>Oh ! Seigneur Dominique ne vous fâchez pas. Vous n’avez envie d’étouffer
                        personne. Je crois qu’on sera ravi de voir notre pièce qui a eu l’agrément
                        de tout Paris.</p>

                  </sp>
                  <sp who="#Arlequin" xml:id="P02-09">
                     <speaker>Arlequin</speaker>
                     <p>Vous me la laissez belle, avec votre Paris. Voilà un beau village à comparer
                        avec une ville comme Lyon où est rassemblé tout ce qu’il y a de gens de goût
                        et qui ne se plaît fort point en vos sottises.</p>

                  </sp>
                  <sp who="#Scaramouche" xml:id="P02-10">
                     <speaker>Scaramouche</speaker>
                     <p>Qui a pu vous faire un si mauvais rapport de notre savoir ? Car je ne crois
                        pas que dans l’autre monde il soit mention de nous.</p>

                  </sp>
                  <sp who="#Arlequin" xml:id="P02-11">
                     <speaker>Arlequin</speaker>
                     <p>C’est un jeune marchand, qui s’est tué à force de siffler vos pièces. Et
                        j’ai obtenu de Pluton deux heures seulement pour venir vous laver la tête,
                        avec les eaux de ma correction. Ainsi croyez-moi, quittez le dessein de
                        jouer des gens qui pourraient vous faire repentir de vos sottises. Et
                        jouez-moi là de ces belles pièces qui attiraient autre fois tout Lyon. Comme
                           <hi rend="italics"> La Vengeance de Colombine</hi><note place="bottom"
                           >Nicolas Barbier, La Vengeance de Colombine ou Arlequin beau frère du
                           Grand Turc, BnF Imprimés M-20685 [6]. Cette comédie est une pièce à
                           tiroirs, écrite par un lyonnais, Nicolas Barbier, et a été représentée
                           pour la première fois le 13 juillet 1703.</note>, <hi rend="italics"> La
                           Diligence de Lyon</hi><note place="bottom">Nous avons trouvé une pièce
                           portant ce titre : La Diligence de Lyon est une comédie en trois actes en
                           prose de Michel de Cubières de Palmézeaux. Néanmoins, ce n’est pas celle
                           que mentionne Arlequin car elle a été jouée pour la première fois en
                           1802. Nous n’avons aucune information concernant la pièce dont parle
                           Arlequin. </note>, <hi rend="italics"> La Promenade des
                           terreaux</hi><note place="bottom">D’après le compte rendu de François
                           Moureau, Pierre-François Biancolelli ( dit Dominique le fils ) : la
                           Promenade des Terreaux de Lyon, comédie en 3 actes et en prose (1712), in
                           Dix-huitième siècle, numéro 11, 1979, p.446, La Promenade des terreaux de
                           Lyon est une comédie en trois actes et en prose de Pierre-François
                           Biancolelli représentée en 1712, inspirée d’une comédie du lyonnais
                           Nicolas Barbier, Les Soirées d’été.</note> et autres pièces qui font
                        merveilles.</p>

                  </sp>
                  <sp who="#Scaramouche" xml:id="P02-12">
                     <speaker>Scaramouche</speaker>
                     <p>Nous n’avons aucune de ces pièces-là. Et pour que la nôtre réussisse
                        aujourd’hui, je m’avise d’un expédient : faites-y vous même un rôle et je
                        réponds du succès.</p>

                  </sp>
                  <sp who="#Arlequin" xml:id="P02-13">
                     <speaker>Arlequin</speaker>
                     <p>Moi, un rôle, bête que vous êtes ! Ne vous ai-je pas dit que Pluton ne
                        m’avait donné que deux heures pour mon voyage ? Et puis j’ai renoncé au
                        théâtre. Je suis devenu un gris seigneur.</p>

                  </sp>
                  <sp who="#Isabelle #Pierrot #Scaramouche #Mezzetin #Ombre #Arlequin" xml:id="P02-14">
                     <speaker>Tous</speaker>
                     <stage>, à genoux.</stage>
                     <p>Oh. Monsieur !</p>

                  </sp>
                  <sp who="#Arlequin" xml:id="P02-15">
                     <speaker>Arlequin</speaker>
                     <p>Allez, j’ai pitié de vous, allez vous préparer. Au parterre. Messieurs. Il
                        serait bien injuste qu’après avoir fait un aussi long voyage je fus venu
                        pour me faire siffler et m’en retourner avec un pied-de-nez. Vous savez
                        d’ailleurs que les sifflets sont un instrument dont j’ai toujours ignoré
                        l’harmonie et quoi que vous attendiez aujourd’hui de moi. Je vous conjure de
                        vendre vos sifflets à tous les chaudronniers du royaume. Ainsi j’attends de
                        vos bontés, Monseigneur Le Parterre, de votre humanité, Mesdames Les Loges,
                        de votre clémence, Monsieur Le Théâtre, de votre altesse, Monsieur du
                        Paradis. J’attends donc de vous tous une attention formidable. Si vous
                        faites du bruit, messieurs, que ce soit en battant des mains.</p>
                  </sp>
                  <trailer>Fin du prologue.</trailer>
               </div>
            </body>
         </text>
         <text>
            <front>
               <castList>
                  <head>ACTEURS</head>
                  <castItem ana="#SF #AGA #OCH">
                     <role>Isabellle</role>
                  </castItem>
                  <castItem ana="#SF #AGA #OCH">
                     <role xml:id="Marinette">Marinette</role>
                     <roleDesc>, la suivante</roleDesc>
                  </castItem>
                  <castItem ana="#SF #AGA #OCH">
                     <role xml:id="Colombine">Colombine</role>
                     <roleDesc>, en cavalier</roleDesc>
                  </castItem>
                  <castItem ana="#SM #AGA #OCH">
                     <role xml:id="Léandre">Léandre</role>
                     <roleDesc>, banquier, amant d’Isabelle</roleDesc>
                  </castItem>
                  <castItem ana="#SM #AGA #OCH">
                     <role>Arlequin</role>
                     <roleDesc>, son valet</roleDesc>
                     <actor>Thomazo Anthonio Vinsentini (dit Thomassin)</actor>
                  </castItem>
                  <castItem ana="#SM #AGA #OCH">
                     <role>Pierrot</role>
                     <roleDesc>, valet de Colombine</roleDesc>
                  </castItem>
                  <castItem ana="#SM #AGA #OCH #COLL">
                     <role xml:id="Commis">Des commis de banquier</role>
                  </castItem>
                  <castItem ana="#SF #AGA #OCH">
                     <role xml:id="Marquise">Une marquise</role>
                     <roleDesc>, consultant le devin</roleDesc>
                  </castItem>
                  <castItem ana="#SM #AGO #OCH">
                     <role xml:id="Vieillard">Un vieillard</role>
                     <roleDesc>, consultant le devin</roleDesc>
                  </castItem>
                  <castItem ana="#SM #AGA #OCH">
                     <role xml:id="Laquais">Un laquais</role>
                     <roleDesc>, consultant le devin[, aussi appelé La Rose]</roleDesc>
                  </castItem>
                  <castItem ana="#SM #AGA #OCH">
                     <role xml:id="Poete">Un poète</role>
                  </castItem>
               </castList>
               <set>
                  <p>La scène est à Lyon.</p>
               </set>
            </front>
            <body>
               <head>Arlequin valet de banquier</head>

               <div1 type="act" n="01" xml:id="I">
                  <head>Acte premier</head>

                  <div2 type="scene" n="01" xml:id="I01">
                     <head>Scène I <listPerson type="configuration" xml:id="confI01">
                           <person corresp="Colombine"/>
                           <person corresp="Pierrot"/>
                        </listPerson>
                     </head>
                     <stage>Colombine en cavalier, Pierrot.</stage>

                     <sp who="#Colombine" xml:id="I01-01">
                        <speaker>COLOMBINE</speaker>
                        <p>Eh bien, mon pauvre Pierrot, tu vois ce que l’amour me fait entreprendre.
                           Aurais-tu cru que Colombine eût assez de courage et d’amour, pour venir
                           de Paris exprès, s’exposer aux fatigues d’un voyage et déguiser son sexe,
                           pour punir l’ingrat Léandre de sa perfidie. Tu sais toi-même avec quels
                           serments le traître me jurait qu’il n’épouserait jamais que moi, avec
                           quelle adresse il s’empara de mes bonnes grâces : enfin avec quelle
                           faiblesse je me rendis à ses persuasions. L’ingrat cachait bien son jeu,
                           lorsqu’il abusa de moi, avec tant de force. Ce n’était que fêtes,
                           cadeaux, bijoux, promenades sur l’eau, soupers à Vincennes, déjeuners au
                           bois de Boulogne, enfin que te dirais-je que tu ne saches aussi bien que
                           moi, puisque tu as tout vu.</p>

                     </sp>
                     <sp who="#Pierrot" xml:id="I01-02">
                        <speaker>PIERROT</speaker>
                        <p>Puisque je le sais, à quoi bon me le redire. Au fait Mademoiselle.
                           Pierrot aime la conclusion ; que voulez-vous entreprendre avec ce
                           déguisement. ? Je ne comprends rien à toutes vos manigances et moi qui
                           suis assez sot pour m’être emballé dans vos fariboles d’amour-ci ! Cela
                           n’est pas bien d’avoir exposé comme cela un garçon avec une fille tous
                           seuls dans un pays étranger. Ma mère me l’a toujours dit, que si jamais
                           je me trouvais avec les filles elles me feraient voir bien du pays.
                           N’avez-vous point de honte d’exposer l’honneur de Pierrot à courir le
                           guilledou avec un semblant de fille ? À la fin, je vous planterai là.</p>

                     </sp>
                     <sp who="#Colombine" xml:id="I01-03">
                        <speaker>COLOMBINE</speaker>
                        <p>Aurais-tu la cruauté de me planter là, dans le temps que j’ai le plus
                           besoin de toi ? Je t’ai toujours fait du bien. Ta fortune est faite avec
                           moi. Tiens, prends ma bourse.</p>

                     </sp>
                     <sp who="#Pierrot" xml:id="I01-04">
                        <speaker>PIERROT</speaker>
                        <p>Et si donc, Mademoiselle, vous me chatouillez par mon tendre. Votre
                           conscience en répondra si je succombe. Mais écoutez un bon mot, que j’ai
                           ouï dire autrefois, à un maître Mesla, une fille est comme un jardin où
                           il y a des fleurs, comme des pissenlits, des gratte-culs<note
                              place="bottom">Gratte-culs : « nom vulgaire du fruit de l’églantier »
                              (Académie, 1694).</note>. Ces fleurs ont belle apparence mais un petit
                           vent froid survint. Adieu, voilà mes fleurs par terre. Il en est de même
                           d’une fille sitôt que le vent de la médisance a soufflé sur le gratte-cul
                           de l’honneur d’une fille c’est un honneur qui n’est bon qu’à faire du
                           fumier.</p>

                     </sp>
                     <sp who="#Colombine" xml:id="I01-05">
                        <speaker>COLOMBINE</speaker>
                        <p>Comment, Pierrot ? Tu as de l’esprit, tu fais le moraliste ! Mais écoute,
                           ce qui m’amène ici. Tu vois la maison de Léandre et voici celle
                           d’Isabelle qui est la fille d’un maître marchand, que Léandre, au
                           préjudice de tous ses serments qu’il m’a faits, veut épouser dès demain.
                           Ainsi pour retarder le mariage et les brouiller ensemble, j’ai jugé à
                           propos de feindre d’être un cavalier amoureux d’Isabelle qui lui écrit et
                           tu lui porteras une lettre chez Léandre figurant de prendre une maison
                           pour l’autre. Léandre, curieux de savoir le contenu de la lettre adressée
                           à sa maîtresse, la lira et trouvera qu’Isabelle lui donne un rival, ce
                           qui brouillera les affaires et me donnera le temps de me venger de mon
                           perfide. Entends-tu ?</p>

                     </sp>
                     <sp who="#Pierrot" xml:id="I01-06">
                        <speaker>PIERROT</speaker>
                        <p>Oh ! Que oui. Mais au moins qu’il n’y ait pas de coups de bâton sur
                           jeu.</p>

                     </sp>
                     <sp who="#Colombine" xml:id="I01-07">
                        <speaker>COLOMBINE</speaker>
                        <p>Est-ce que quelques coups de bâton te feraient reculer dans une si belle
                           affaire ?</p>
                     </sp>
                  </div2>

                  <div2 type="scene" n="02" xml:id="I02">
                     <head>Scène II <listPerson type="configuration" xml:id="confI02">
                           <person corresp="Colombine"/>
                        </listPerson>
                     </head>

                     <sp who="#Colombine" xml:id="I02-01">
                        <speaker>COLOMBINE</speaker>
                        <p>Je puis espérer de me venger de mon traître. Mais voici son valet. Quoi
                           que déguisée, il pourrait me reconnaître. Évitions-le.</p>
                     </sp>
                  </div2>

                  <div2 type="scene" n="03" xml:id="I03">
                     <head>Scène III <listPerson type="configuration" xml:id="confI03">
                           <person corresp="Arlequin"/>
                        </listPerson>
                     </head>
                     <sp who="#Arlequin" xml:id="I03-01">
                        <speaker>ARLEQUIN</speaker>
                        <stage>, avec un gros paquet de lettres.</stage>
                        <p>Et moi, je dis charmante cuisinière de maisons malgré le respect que je
                           dois à la graisse de vos habits et à la crasse de vos mains, que ce n’est
                           pas moi, qui bus cette bouteille de vin de campagne et que vous en avez
                           menti, c’est peut-être un tour des commis qui s’est trouvé altéré. C’est
                           pourtant moi qui l’ai pris, pendant qu’elle tirait de l’eau. Mais je
                           m’amuse ici sans songer que j’ai plus d’affaires qu’un ministre d’état.
                           J’ai des lettres de change à faire accepter, des lettres à porter à la
                           poste et un paquet à retirer de la douane. Oh ! Pauvre Arlequin, pourquoi
                           t’es tu engagé de servir un banquier amoureux qui me fait trotter comme
                           un basque<note place="bottom">Basque : « pièce du bas d'un pourpoint. On
                              dit, aller comme un basque ou courir comme un basque, pour dire,
                              marcher vite » (Académie,1694).</note> ? J’aurais bien mieux fait de
                           me faire marchand de vin ! Non, je ne sais pas accommoder l’odeur de la
                           colle de poisson et puis j’aurais bu toute ma marchandise. Je n’aurais
                           pas été bon chirurgien, j’aurais divulgué les disgrâces de mes malades.
                           Vendeur d’huile, j’aurais taché mes habits, de fromage, je l’aurais
                           mangé. J’ai trop de conscience pour être tailleur. Moucheur de
                              chandelles<note place="bottom">Moucher une chandelle : « ôter le bout
                              de la mèche consumée qui empêche la chandelle de bien éclairer »
                              (Académie, 1694).</note> à la Comédie ? Je suis trop maladroit. Je ne
                           sais à quoi je serais bon. Mais que me veut cet homme ?</p>
                     </sp>
                  </div2>

                  <div2 type="scene" n="04" xml:id="I04">
                     <head>Scène IV <listPerson type="configuration" xml:id="confI04">
                           <person corresp="Arlequin"/>
                           <person corresp="Pierrot"/>
                        </listPerson>
                     </head>
                     <stage>Arlequin, Pierrot</stage>

                     <sp who="#Pierrot" xml:id="I04-01">
                        <speaker>PIERROT</speaker>
                        <p>Enseignez-moi, où demeure le docteur Balouard ?</p>

                     </sp>
                     <sp who="#Arlequin" xml:id="I04-02">
                        <speaker>ARLEQUIN</speaker>
                        <p>Dans sa maison !</p>

                     </sp>
                     <sp who="#Pierrot" xml:id="I04-03">
                        <speaker>PIERROT</speaker>
                        <p>Et sa maison ?</p>

                     </sp>
                     <sp who="#Arlequin" xml:id="I04-04">
                        <speaker>ARLEQUIN</speaker>
                        <p>Dans la rue.</p>

                     </sp>
                     <sp who="#Pierrot" xml:id="I04-05">
                        <speaker>PIERROT</speaker>
                        <p>Et la rue ?</p>

                     </sp>
                     <sp who="#Arlequin" xml:id="I04-06">
                        <speaker>ARLEQUIN</speaker>
                        <p>Dans un quartier.</p>

                     </sp>
                     <sp who="#Pierrot" xml:id="I04-07">
                        <speaker>PIERROT</speaker>
                        <p>Le quartier ?</p>

                     </sp>
                     <sp who="#Arlequin" xml:id="I04-08">
                        <speaker>ARLEQUIN</speaker>
                        <p>Dans la ville.</p>

                     </sp>
                     <sp who="#Pierrot" xml:id="I04-09">
                        <speaker>PIERROT</speaker>
                        <p>Et la ville ?</p>

                     </sp>
                     <sp who="#Arlequin" xml:id="I04-10">
                        <speaker>ARLEQUIN</speaker>
                        <p>Entre le Rhône et la Seine. Que voulez-vous au docteur Balouard ? Je suis
                           de ses amis et son confrère. Je suis docteur.</p>

                     </sp>
                     <sp who="#Pierrot" xml:id="I04-11">
                        <speaker>PIERROT</speaker>
                        <p>De quelle université ? D’Aix ou de Valence ?</p>

                     </sp>
                     <sp who="#Arlequin" xml:id="I04-12">
                        <speaker>ARLEQUIN</speaker>
                        <p>Je ne suis docteur, ni des airs, ni des planches. Je le suis de cote
                           rôtie et de Sillery<note place="bottom">Sillery est une commune française
                              du département de la Marne. </note>.</p>

                     </sp>
                     <sp who="#Pierrot" xml:id="I04-13">
                        <speaker>PIERROT</speaker>
                        <p>Avez-vous pris des degrés ?</p>

                     </sp>
                     <sp who="#Arlequin" xml:id="I04-14">
                        <speaker>ARLEQUIN</speaker>
                        <p>Je ne connais que ceux de la carte.</p>

                     </sp>
                     <sp who="#Pierrot" xml:id="I04-15">
                        <speaker>PIERROT</speaker>
                        <p>Que savez-vous ?</p>
                        <stage>Arlequin fait une mauvaise tirade.</stage>
                        <p>Vous en savez assez pour rendre cette lettre à Mademoiselle Isabelle.
                           Adieu.</p>
                     </sp>
                  </div2>

                  <div2 type="scene" n="05" xml:id="I05">
                     <head>Scène V <listPerson type="configuration" xml:id="confI05">
                           <person corresp="Leandre"/>
                           <person corresp="Commis"/>
                           <person corresp="Arlequin"/>
                        </listPerson>
                     </head>
                     <stage>Léandre, un banquier dans un comptoir. Commis. [Arlequin.]</stage>

                     <stage>Discours de banquier, et de commis. Arlequin lui donne une lettre pour
                        Isabelle, qui lui avait été remise par un sac de blé vivant, parlant et
                        marchant.</stage>

                     <sp who="#Leandre" xml:id="I05-01">
                        <speaker>LÉANDRE</speaker>
                        <stage>, lit la lettre<note place="bottom">La lettre est indiquée dans le
                              manuscrit par des traits dans la marge, à chaque entrée de
                              mots.</note>.</stage>

                        <p>Mademoiselle,<lb/> L’empressement que j’ai à répondre à toutes vos
                           bontés, ne peut être égalé que par mon amour même. J’en sentis toute la
                           force dès le moment que je vous vis et le favorable accueil que vous me
                           fîtes, bien loin de diminuer mon ardeur, n’a fait qu’en augmenter le fer
                           avec plus d’ardeur. Je suis au comble de mes vœux. Mon cœur et vous-même
                           me promettez un succès heureux. Léandre, ni tous les rivaux que votre
                           beauté me fait, ne pourront m’en distraire. Adieu.</p>
                     </sp>

                     <stage>Léandre donne d’abord des marques de douleur puis de désespoir puis il
                        veut s’égorger. Arlequin aiguise son coutelas et le lui présente. Léandre
                        change de résolution, veut aller vivre dans un désert et emmener Arlequin
                        avec lui. Celui-ci y consent à condition qu’ils y porteront de quoi faire
                        bonne chère, afin que si les panthères veulent les dévorer, elles les
                        trouvent pour son honneur, aussi gras qu’en payant des rentes. Léandre
                        rentre chez lui pour se consulter<note place="bottom">Consulter : « prendre
                           avis, conseil ou instruction de quelqu'un » (Académie, 1694).</note>.
                        Arlequin va avertir Isabelle.</stage>

                  </div2>

                  <trailer>Fin du premier acte.</trailer>
               </div1>

               <div1 type="act" n="02" xml:id="II">
                  <head>Acte second</head>

                  <div2 type="scene" n="01" xml:id="II01">
                     <head>Scène I <listPerson type="configuration" xml:id="confII01">
                           <person corresp="Isabelle"/>
                           <person corresp="Marinette"/>
                        </listPerson>
                     </head>
                     <stage>Isabelle, Marinette</stage>

                     <stage>Marinette fait une longue énumération des charmes de la vie que mène
                        Isabelle, du bonheur qu’elle aura en épousant Léandre et s’étonne de la voir
                        très tue et de mauvaise humeur à la veille de ses noces.</stage>

                     <sp who="#Isabelle" xml:id="II01-01">
                        <speaker>ISABELLE</speaker>
                        <p>Oh ! Ma chère Marinette ?</p>

                     </sp>
                     <sp who="#Marinette" xml:id="II01-02">
                        <speaker>MARINETTE</speaker>
                        <p>Eh, que vous dire là, oh ! Ma chère Marinette, que craignez-vous des
                           effets du mariage ? Cela fait quelquefois peur aux filles et c’est pour
                           cela qu’on en voit tant exercer avant le mariage pour n’être pas exposées
                           aux appréhensions. Craignez-vous le sort de cette jeune conseillère dont
                           le mari est si occupé d’affaires qu’elle n’a pas encore eu de lui une
                           nuit depuis six mois ? Seriez-vous comme celles qui ont tant de scrupules
                           qu’elles ne veulent pas se marier, de crainte de voir quelque jour leur
                           mari caresser des enfants qui ne seraient pas à lui ?</p>

                     </sp>
                     <sp who="#Isabelle" xml:id="II01-03">
                        <speaker>ISABELLE</speaker>
                        <p>Je ne crains que l’inconstance de Léandre et la disgrâce qui suit
                           ordinairement le mariage.</p>
                     </sp>
                     <sp who="#Marinette" xml:id="II01-04">
                        <speaker>MARINETTE</speaker>
                        <p>Eh bien, si Léandre devient infidèle, n’aurez-vous pas toujours en main
                           de quoi vous venger de sa trahison ? Mille gens se présenteront pour
                           aider à la vengeance, tout vous sera permis. Prévenez même, s’il se peut,
                           le coup et qu’il voit par avance sur son front le bois qu’il voulait
                           faire porter à son voisin<note place="bottom">Allusion aux cornes de
                              cocu.</note>.</p>

                     </sp>
                     <sp who="#Isabelle" xml:id="II01-05">
                        <speaker>ISABELLE</speaker>
                        <p>Me crois-tu capable d’une action aussi noire ?</p>

                     </sp>
                     <sp who="#Marinette" xml:id="II01-06">
                        <speaker>MARINETTE</speaker>
                        <p>Ne voudriez-vous pas faire comme Didon<note place="bottom">Dans l’Énéide
                              de Virgile, lorsque Énée quitte Carthage, Didon, incapable de
                              supporter cet abandon, préfère se donner la mort.</note>, à la vue du
                           départ de son époux ? Et mort de ma vie, nous ne sommes plus dans ce
                           temps-là et la postérité ne la croirait pas à moins qu’elle ne vit votre
                           cendre. Mais Léandre est honnête homme, vous n’en viendrez pas avec lui
                           dans de telles extrémité.</p>

                     </sp>
                     <sp who="#Isabelle" xml:id="II01-07">
                        <speaker>ISABELLE</speaker>
                        <p>Mes soupçons, loin de l’accuser, expriment le cas que je fais de lui,
                           puisque j’ai si peur de le perdre. Voici son valet.</p>
                     </sp>
                  </div2>

                  <div2 type="scene" n="02" xml:id="II02">
                     <head>Scène II<note place="bottom">Cette scène est présente dans le manuscrit
                           sous forme de résumé.</note>
                        <listPerson type="configuration" xml:id="confII02">
                           <person corresp="Isabelle"/>
                           <person corresp="Marinette"/>
                           <person corresp="Arlequin"/>
                        </listPerson>
                     </head>
                     <stage>Isabelle, Marinette, Arlequin</stage>

                     <stage>Arlequin ne répond autre chose à tout ce que lui demandent les femelles
                        que les mots. Que le diable l’emporte avec sa lettre. Elles le bâtonnent
                        pour le faire parler plus clairement, n’en pouvant rien tirer, elles
                        sortent.</stage>
                  </div2>

                  <div2 type="scene" n="03" xml:id="II03">
                     <head> Scène III<note place="bottom">Cette scène est présente dans le manuscrit
                           sous forme de résumé.</note>
                        <listPerson type="configuration" xml:id="confII03">
                           <person corresp="Arlequin"/>
                           <person corresp="Leandre"/>
                        </listPerson>
                     </head>
                     <stage>Arlequin dit à son maître qu’Isabelle et Marinette l’ont battu à cause
                        d’une lettre, Léandre s’imagine que c’est de dépit de ce que la trahison est
                        découverte. Il va, furieux, frapper à la porte d’Isabelle pour lui chanter
                           pouilles.<note place="bottom">Chanter pouilles : « reproches vifs et
                           éclatants, mêlés d'injures » (Académie, 1835).</note></stage>
                  </div2>

                  <div2 type="scene" n="04" xml:id="II04">
                     <head>Scène IV <listPerson type="configuration" xml:id="confII04">
                           <person corresp="Isabelle"/>
                           <person corresp="Leandre"/>
                           <person corresp="Marinette"/>
                           <person corresp="Arlequin"/>
                        </listPerson>
                     </head>
                     <stage>Isabelle, Léandre, Marinette, Arlequin</stage>

                     <stage>Léandre s’emporte très violemment contre la plus perfide de toutes les
                        beautés, qui lui demande s’il a perdu l’esprit. Il lui répond poliment que
                        oui ce que depuis qu’il a eu le malheur de la voir et de l’aimer. Les femmes
                        s’adressent à Arlequin pour savoir d’où vient ce vertige.</stage>

                     <sp who="#Arlequin" xml:id="II04-01">
                        <speaker>ARLEQUIN</speaker>
                        <p>Tirez d’ici mesdames les coquines ! Crues drilles<note place="bottom"
                              >Drilles : « vieux chiffons de toile qui servent à faire du papier »
                              (Académie, 1835). </note> qui flattez les gens pour les étouffer !
                           Vraies pattes de chattes qui amadouez les gens pour les égratigner ! Mon
                           maître ne vient pas voir une extravagante qui frappe ses gens sans sujet
                           et pour fuir vos grossiers adieux nous allons dans un désert.</p>

                     </sp>
                     <sp who="#Isabelle" xml:id="II04-02">
                        <speaker>ISABELLE</speaker>
                        <p>Vous partez Léandre.</p>

                     </sp>
                     <sp who="#Leandre" xml:id="II04-03">
                        <speaker>LÉANDRE</speaker>
                        <p>Oui cruelle et tout mon chagrin, c’est que mon absence ne t’en fera
                           point, lis, perfide, lis cette lettre et vois si tu peux soutenir les
                           traits.</p>

                        <stage>Elle lit.</stage>

                     </sp>
                     <sp who="#Isabelle" xml:id="II04-04">
                        <speaker>ISABELLE</speaker>
                        <p>Je vous aime assez pour soutenir la violence de vos emportements. On vous
                           a trompé pour cette lettre et c’est vous en dire assez quand je dis que
                           je vous aime et que je suis innocente. Et je suis prête à vous donner la
                           main dès ce soir.</p>
                     </sp>

                     <stage>À une preuve si authentique de fidélité, Léandre s’apaise et demande
                        excuse. Les valets se raccommodent aussi.</stage>
                  </div2>

                  <div2 type="scene" n="05" xml:id="II05">
                     <head> Scène V <listPerson type="configuration" xml:id="confII05">
                           <person corresp="Arlequin"/>
                           <person corresp="Pierrot"/>
                        </listPerson>
                     </head>
                     <stage>Scène à l’italienne. Le Pierrot qui vient donner une sérénade à sa
                           maîtresse<note place="bottom">à sa maîtresse est inscrit deux fois de
                           suite dans le manuscrit.</note>. Il prend Arlequin pour elle et Arlequin
                        est dans la même erreur. Il se tâtent et se trouvent de la barbe.</stage>

                     <sp who="#Arlequin" xml:id="II05-01">
                        <speaker>ARLEQUIN</speaker>
                        <p>Oh ! Marinette ! De la barbe au menton d’une femme est un sale crime de
                           la nature.</p>

                     </sp>
                     <sp who="#Pierrot" xml:id="II05-02">
                        <speaker>PIERROT</speaker>
                        <p>C’est une parure qui dépasse.</p>

                     </sp>
                     <sp who="#Arlequin" xml:id="II05-03">
                        <speaker>ARLEQUIN</speaker>
                        <p>C’est un adjectif qui ne s’accorde par avec son substantif en genre.</p>

                     </sp>
                     <sp who="#Pierrot" xml:id="II05-04">
                        <speaker>PIERROT</speaker>
                        <p>C’est comme des plumes et des oreilles avec chapon<note place="bottom"
                              >Chapon : « coq châtré » (Académie, 1694).</note>.</p>
                     </sp>

                     <stage>Après beaucoup d’aussi mauvaises plaisanteries, Arlequin découvre que
                        Pierrot qui est le porteur de la lettre en question. </stage>

                     <sp who="#Arlequin" xml:id="II05-05">
					 <speaker>[ARLEQUIN]</speaker>
                        <p>Savez-vous mon ami</p>
                        <stage>, dit Arlequin,</stage>
                        <p> que vous êtes un faquin ?</p>
                     </sp>

                     <sp who="#Pierrot" xml:id="II05-06">
                        <speaker>PIERROT</speaker>
                        <p>Savez-vous mon ami que cela vous plaît à dire ?</p>

                     </sp>
                     <sp who="#Arlequin" xml:id="II05-07">
                        <speaker>ARLEQUIN</speaker>
                        <p>...que je vous arracherai l’âme du ventre ?</p>

                     </sp>
                     <sp who="#Pierrot" xml:id="II05-08">
                        <speaker>PIERROT</speaker>
                        <p>...qu’on vous la saura bien rendre.</p>

                     </sp>
                     <sp who="#Arlequin" xml:id="II05-09">
                        <speaker>ARLEQUIN</speaker>
                        <p>...que je vous couperai les oreilles et que je les mettrai dans ma
                           poche.</p>

                     </sp>
                     <sp who="#Pierrot" xml:id="II05-10">
                        <speaker>PIERROT</speaker>
                        <p>...qu’il n’est ni beau ni honnête de prendre le bien d’autrui.</p>
                     </sp>
                     <stage>Il avoue que la lettre est de Colombine par l’ordre de laquelle il va
                        chercher un devin, pour savoir si Léandre l’épousera. Arlequin bâtonne
                        Pierrot qui s’en va en pleurant.</stage>
                  </div2>

                  <div2 type="scene" n="06" xml:id="II06">
                     <head>Scène VI <listPerson type="configuration" xml:id="confII06">
                           <person corresp="Arlequin"/>
                           <person corresp="Marinette"/>
                        </listPerson>
                     </head>
                     <stage>Arlequin apprend à Marinette la fourberie qu’on leur a faite et qu’il va
                        s’habiller en devin pour débarrasser son maître de Colombine, qui veut en
                        consulter un. Force tendresse de part et d’autre.</stage>
                  </div2>

                  <trailer>Fin du second acte.</trailer>
               </div1>

               <div1 type="act" n="03" xml:id="III">
                  <head>Acte troisième</head>
                  <stage>Le théâtre représente la chambre du devin.</stage>

                  <div2 type="scene" n="01" xml:id="III01">
                     <head>Scène I <listPerson type="configuration" xml:id="confIII01">
                           <person corresp="Leandre"/>
                           <person corresp="Isabelle"/>
                           <person corresp="Marinette"/>
                           <person corresp="Arlequin"/>
                        </listPerson>
                     </head>

                     <stage>Léandre, Isabelle, Marinette, Arlequin en devin.</stage>

                     <stage>Arlequin leur explique de quoi il est question et ce qu’il a appris de
                        Pierrot au sujet de la lettre. Il leur dit de se cacher derrière une
                        tapisserie et qu’ils verront.</stage>
                  </div2>

                  <div2 type="scene" n="02" xml:id="III02">
                     <head>Scène II <listPerson type="configuration" xml:id="confIII02">
                           <person corresp="Arlequin"/>
                           <person corresp="Pierrot"/>
                        </listPerson>
                     </head>
                     <stage>Arlequin, Pierrot en marquise.</stage>

                     <stage>La Marquise veut savoir du devin si dans une douzaine d’amants qu’elle
                        a, un seul l’aime. Arlequin après le cérémonial magique, lit dans un grand
                        livre et dit à la curieuse :</stage>
						
                     <sp who="#Arlequin" xml:id="III02-01">
                        <lg type="song">
                           <l met="l">Une riche guenon, qui veut savoir son sort</l>
                           <l met="l">Doit consulter son coffre fort</l>
                           <l met="l">Et se mettre bien dans la tête</l>
                           <l met="l">Quand on est fait comme elle est faite</l>
                           <l met="l">Qu’un jeune amant est un trésor</l>
                           <l met="l">Qu’on n’achète qu’au poids de l’or.</l>
                        </lg>
                     </sp>
					 
                     <stage>Elle [le] traite d’impertinent. Elle sort.</stage>
                  </div2>

                  <div2 type="scene" n="03" xml:id="III03">
                     <head>Scène III <listPerson type="configuration" xml:id="confIII03">
                           <person corresp="Arlequin"/>
                        </listPerson>
                     </head>
                     <stage>Arlequin fait un monologue fort rebattu sur les vieilles amoureuses et
                        les officiers qui les plument.</stage>
                  </div2>

                  <div2 type="scene" n="04" xml:id="III04">
                     <head>Scène IV
                        <listPerson type="configuration" xml:id="conf">
                           <person corresp="Arlequin"/>
                           <person corresp="Vieillard"/>
                        </listPerson>
                     </head>
                     <stage>Arlequin, un Vieillard</stage>

                     <stage>Le vieillard demande s’il fera bien d’épouser avec trente mille livres
                        de rentes qu’il a une jeune personne qui n’a que sa beauté.</stage>

                     <sp who="#Arlequin" xml:id="III04-01">
                        <speaker>ARLEQUIN</speaker>
                        <stage>, lit.</stage>

                        <lg type="song">
                           <l met="l">Lorsqu’à grands pas le temps approche</l>
                           <l met="l">On va te plonger dans l’éternelle nuit</l>
                           <l met="l">Il ne faut qu’un tour de broche</l>
                           <l met="l">Pour être cuit.</l>
                        </lg>
                     </sp>

                     <stage>Malgré le pronostic le Vieillard va épouser Fanchon qui lui a promis de
                        lui faire un enfant.</stage>

                     <sp who="#Arlequin" xml:id="III04-02">
                        <speaker>ARLEQUIN</speaker>
                        <p>C’est ce qu’elle aura le moins de peine à vous accorder.</p>
                     </sp>
                  </div2>

                  <div2 type="scene" n="05" xml:id="III05">
                     <head>Scène VI <listPerson type="configuration" xml:id="confIII05">
                           <person corresp="Arlequin"/>
                           <person corresp="Laquais"/>
                        </listPerson>
                     </head>
                     <stage>Arlequin. La Rose, laquais.</stage>

                     <stage>Arlequin prédit à La Rose que du derrière du carrosse il sautera
                        dedans.</stage>

                     <sp who="#Arlequin" xml:id="III05-01">
					 <speaker>ARLEQUIN</speaker>
                        <lg type="song">
                           <l met="l">Il n’est de bonheur qu’on éprouve</l>
                           <l met="l">Sont de telles couleurs tous les biens sont acquis</l>
                           <l met="l">Et bientôt sous ces vils habits</l>
                           <l met="l">La fortune qui te couve</l>
                           <l met="l">Fera éclore un marquis</l>
                        </lg>
                     </sp>
                  </div2>

                  <div2 type="scene" n="06" xml:id="III06">
                     <head>Scène VII <listPerson type="configuration" xml:id="confIII06">
                           <person corresp="Arlequin"/>
                        </listPerson>
                     </head>
                     <stage>[Arlequin]</stage>

                     <stage>Arlequin s’impatiente de ne point voir arriver Colombine.</stage>
                  </div2>

                  <div2 type="scene" n="07" xml:id="III07">
                     <head>Scène VIII <listPerson type="configuration" xml:id="confIII07">
                           <person corresp="Arlequin"/>
                           <person corresp="Poete"/>
                        </listPerson>
                     </head>
                     <stage>Arlequin. Un Poète.</stage>
                     <stage>Le Poète dit a Arlequin qu’il en fait le devoir à son aspect, que le
                        sort :</stage>

                     <sp who="#Poete" xml:id="III07-01">
                        <lg type="song">
                           <l met="l">N’a rien d’impénétrable à l’effort merveilleux</l>
                           <l met="l">De cet art tout divin qui vous terrez des lieux.</l>
                        </lg>
                     </sp>
                     <sp who="#Arlequin" xml:id="III07-02">
                        <speaker>ARLEQUIN</speaker>
                        <lg type="song">
                           <l met="l">Apollon qui sur vous répandit son trésor</l>
                           <l met="l">vous donna la science et vous refusa l’or.</l>
                        </lg>
                     </sp>
                     <stage>Le Poète demande quel sera le sort d’une pièce de sa façon qu’il va
                        donner aux italiens<note place="bottom">Aux comédiens de la
                           Comédie-Italienne.</note>.</stage>

                     <sp who="#Arlequin" xml:id="III07-03">
                        <speaker>ARLEQUIN</speaker>
                        <lg type="song">
                           <l met="l">Le sort dans l’avenir permet que j’ose lire</l>
                           <l met="l">mais si l’on n’ouvre le gouffre</l>
                           <l met="l">regarde son secret.</l>
                        </lg>
                     </sp>
                     <stage>Le Poète indigent prend le parti d’aller consulter l’oracle de Delphes,
                        qui donne ses oracles gratis.</stage>
                  </div2>

                  <div2 type="scene" n="08" xml:id="III08">
                     <head>Scène IX <listPerson type="configuration" xml:id="confIII08">
                           <person corresp="Arlequin"/>
                           <person corresp="Colombine"/>
                        </listPerson>
                     </head>
                     <stage>Arlequin. Colombine, en cavalier.</stage>
                     <stage>Colombine demande à Arlequin s’il pourrait deviner ce qu’elle a dans la
                        tête.</stage>

                     <sp who="#Arlequin" xml:id="III08-02">
                        <speaker>ARLEQUIN</speaker>
                        <p>La tête d’une femme est toujours si pleine de sottises qu’il est
                           difficile de deviner ce qui l’occupe.</p>
                     </sp>

                     <stage>Colombine lui dit qu’elle est un officier.</stage>

                     <sp who="#Arlequin" xml:id="III08-01">
                        <p>Officier d’amour,</p>
                        <stage>répond arlequin qui fait des recrues d’amour,</stage>
                        <p>mais vous ne retrouverez jamais celui que vous cherchez :</p>
                        <lg type="song">
                           <l met="">Léandre vous aima d’un mauvais violon</l>
                           <l met="">Et vous pour lui rendre le change</l>
                           <l met="">De votre cœur lui fîtes un présent</l>
                           <l met="">Mais aujourd’hui le sort en décide autrement</l>
                           <l met="">Est-ce quelque chose d’étrange</l>
                           <l met="">De voir un amour inconstant</l>
                        </lg>
                     </sp>

                     <stage>Colombine l’assure que si Léandre ne lui rend son cœur il ne mourra que
                        de sa main, et qu’il faut qu’il exauce la promesse qu’il lui a faite. Elle
                        l’a fait voir à Arlequin, qui la déchire. Colombine lui saute à la gorge.
                        Léandre et Isabelle sortent de derrière la tapisserie. Le premier lui dit
                        qu’il faut qu’elle avale la pilule. Elle sort en les menaçant de sa
                        vengeance dont on se rit. On sort pour aller demander au Docteur son dernier
                        consentement et la pièce finit.</stage>

                  </div2>
                  <trailer>Fin</trailer>
               </div1>
            </body>
         </text>
      </group>
   </text>
</TEI>
